Plongée dans l'histoire du bâtiment
Immeuble de Grande Hauteur LOUBET
Avant de s’appeler avenue Émile-Loubet, la rue Roannelle fait partie d’un ancien faubourg qui s’est développé en limite du centre-bourg historique mais hors des anciennes murailles médiévales stéphanoises.
Ce n’est que beaucoup plus tard, dans les années 1950, et selon la tradition municipale, qu’elle est rebaptisée en l’honneur d’une figure politique française majeure de la Troisième République, Émile Loubet, Président (1899-1906).
Un tournant urbain
L’urbanisation du quartier est particulièrement active à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, avec une densification progressive et la destruction spectaculaire sur l’ilot Boivin d’anciennes parcelles résidentielles ou artisanales, devenues insalubres et encore dépourvues d’égouts. Pour cause d'utilité publique, une vague d’expropriation et de relogement des locataires des lieux est nécessaire.
Comme tous les locataires du quartier, Mme Jacquet, qui vit avec son fils, a reçu son indemnité d'éviction. Elle est d'accord sur la somme qui lui a été remise, mais elle attend un local. D'où l'inquiétude sur son nouveau lieu d'habitation.
La Tribune-Le Progrès, 19/02/1964, 7113 w 9 37
Les travaux de démolition, certes, on en cause depuis près de quinze années, quelques vielles "bicoques" se sont écroulées d'elles mêmes, mais il reste encore une demi-douzaine de maisons aux portes pourries aux vitres depuis longtemps brisées. Les locataires "payants" de ces maison là ont depuis longtemps cherché demeure ailleurs. Mais, souvent, à l'insu même du propriétaire, des Nords-Africains, après avoir forcé les portes (sans grandes difficultés d'ailleurs) se sont fraîchement installés. [...]
Ces habitants "sans droit, ni titre" comme le précise l'avis municipal, partiront-ils comme ils sont venus, aussi subrepticement, avant le 1er février prochain ?Le Dauphiné libéré, 14/10/1965
Aux lieu et place de cet ilot pittoresque est ensuite édifié un immense ensemble administratif (5200m2), d’une modernité renversante pour l'époque, commun aux 3 organismes de sécurité sociale (Allocations familiales, sécurité sociale, U.R.S.S.A.F).
Encore dénommé localement «l’ immeuble de la Sécu », ce dernier demeure un point de repère dans le quartier de Tarentaize-Beaubrun, culminant à environ 45 m de hauteur, ce qui en fait l’un des plus hauts édifices de la ville.